Lorsque les associés de McKinsey Carolyn Dewar, Scott Keller et Vikram Malhotra ont entrepris de comprendre ce qui rend certains PDG exceptionnels, ils ne se sont pas fiés à leur instinct ou à des anecdotes. Ils ont analysé les données de 7 800 PDG et mené des entretiens approfondis avec 67 des leaders les plus performants au monde. Le résultat est CEO Excellence, un livre qui devrait être une lecture obligatoire pour toute personne occupant un rôle de leadership.
La prémisse : C'est une question de mentalité, pas de tactique
Voici ce qui m'a le plus frappé : le facteur différenciant n'est pas ce que font les PDG excellents, c'est comment ils pensent ce qu'ils font. Deux PDG peuvent prendre la même décision stratégique, mais celui qui a la bonne mentalité l'exécutera d'une manière qui crée des résultats radicalement différents.
Les auteurs identifient six responsabilités clés auxquelles chaque PDG fait face, et dans chacune, ils révèlent les changements de mentalité qui séparent les excellents des moyens.
Les six responsabilités (et leurs mentalités)
1. Fixer la direction : Être audacieux
Les PDG moyens fixent des objectifs incrémentaux. Les PDG excellents reformulent complètement le jeu. Ils demandent « Que faudrait-il pour être dans le premier quartile de notre industrie ? » plutôt que « Comment pouvons-nous nous améliorer de 5 % cette année ? »
« Les meilleurs PDG ne se contentent pas de fixer des objectifs ambitieux, ils réimaginent fondamentalement ce qui est possible pour leur organisation. »
2. Aligner l'organisation : Traiter le soft comme du hard
La culture n'est pas une initiative RH floue ; c'est une arme stratégique. Les PDG excellents sont obsédés par la santé organisationnelle avec la même rigueur qu'ils appliquent aux indicateurs financiers. Ils savent qu'une culture toxique avalera n'importe quelle stratégie au petit-déjeuner.
3. Mobiliser à travers les leaders : Résoudre la psychologie de l'équipe
Celui-ci m'a particulièrement touché. Les meilleurs PDG ne se contentent pas de construire des équipes dirigeantes avec des compétences complémentaires ; ils gèrent activement la dynamique de l'équipe, en s'assurant d'un débat sain sans conflit destructeur. Ils sont à la fois coach, thérapeute et chef d'orchestre.
4. Engager le conseil d'administration : Aider les administrateurs à aider l'entreprise
Au lieu de voir le conseil d'administration comme un obstacle ou un tampon encreur, les PDG excellents traitent les administrateurs comme des actifs stratégiques. Ils partagent les vrais défis, invitent un débat authentique et tirent parti de l'expérience diverse du conseil.
5. Se connecter aux parties prenantes : Commencer par le « Pourquoi ? »
À l'ère du capitalisme des parties prenantes, les meilleurs PDG ne se contentent pas de gérer les actionnaires ; ils construisent des relations authentiques avec les employés, les clients, les communautés et les régulateurs. Ils articulent un objectif qui résonne au-delà du profit.
6. Gérer son efficacité personnelle : Faire ce que vous seul pouvez faire
C'est peut-être le chapitre le plus actionnable. Les PDG excellents protègent impitoyablement leur temps pour les activités que seul le PDG peut faire, et délèguent tout le reste. Ils investissent aussi massivement dans leur propre récupération et réflexion.
Mes principaux enseignements
Après avoir lu ce livre deux fois (oui, deux fois), voici ce que j'applique à mon propre travail :
- La vision doit être viscérale. Une amélioration de 10 % n'inspire personne. Reformulez les défis en « comment devenir absolument les meilleurs ? »
- La culture est un indicateur avancé. Quand les problèmes culturels apparaissent dans les résultats financiers, vous êtes déjà en difficulté. Mesurez la santé organisationnelle de façon proactive.
- Le temps est la ressource la plus rare du PDG. Chaque heure passée sur quelque chose qu'un collaborateur direct pourrait gérer est une heure volée au travail stratégique.
- Les conseils d'administration sont des actifs sous-utilisés. La plupart des leaders traitent les réunions du conseil comme des spectacles. Les meilleurs les traitent comme des sessions de travail.
Point clé
Le facteur différenciant n'est pas ce que font les PDG excellents, c'est comment ils pensent ce qu'ils font. Deux leaders peuvent prendre la même décision, mais celui avec la bonne mentalité produira des résultats radicalement différents.
Qui devrait lire ce livre
Évidemment, les PDG actuels et aspirants trouveront cela inestimable. Mais je le recommanderais aussi à :
- Les dirigeants fractionnels qui doivent créer un impact rapidement
- Les membres de conseil d'administration qui veulent être de meilleurs partenaires pour le management
- Quiconque construit ou fait scaler une entreprise
- Les coachs et consultants en leadership
Le bilan
CEO Excellence est l'un des livres de leadership les plus documentés et actionnables que j'aie lus. Contrairement à beaucoup de livres de business qui pourraient être des articles de blog, celui-ci mérite ses 400 pages et plus. Chaque chapitre inclut des pratiques spécifiques, des exemples réels et des discussions honnêtes sur les compromis.
Le message central est à la fois humble et stimulant : l'excellence ne consiste pas à avoir des capacités surhumaines ; elle consiste à appliquer systématiquement les bonnes mentalités aux bonnes responsabilités.
Note : 9/10
Un incontournable pour quiconque prend au sérieux le leadership exécutif. Dense mais pratique, basé sur la recherche mais accessible.
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